Le Gaz Naturel

Le gaz naturel est principalement constitué de méthane (CH4, soit un atome de carbone et quatre atomes d'hydrogène) et se classe dans la famille des hydrocarbures. À l'origine, il est gazeux, incolore et inodore (il est odorisé artificiellement afin d’être détectable).

Le gaz naturel est une énergie primaire, c'est-à-dire qu’il représente une forme d'énergie disponible dans la nature, avant toute transformation. Sa formation résulte de la lente décomposition de micro-organismes végétaux et animaux ayant eu lieu durant des millions d'années. Le gaz naturel provient des couches géologiques du sous-sol où il peut être détecté seul (gisement sec) ou associé au pétrole (gisement mixte). Ces gisements se situent généralement à des profondeurs de 1'000 à 4'000 mètres.

Le gaz naturel est une énergie disponible et sûre. Considérée comme l'énergie fossile la plus propre, ses émissions de gaz à effet de serre sont moindres. Quant à ses qualités environnementales, elles sont nombreuses. Lors de sa combustion par exemple, le gaz naturel n'émet quasiment ni soufre ni particules ; les éventuelles émissions d'imbrûlés ne participent par ailleurs que très peu à la formation d'ozone en milieu urbain. Les émissions de CO2 sont de 25 à 30% moindre par rapport à celles du pétrole et d'au moins 40 à 50% moindre par rapport à celles du charbon en fonction du procédé d'utilisation et de la qualité du combustible.

En outre, le gaz naturel se prête à des technologies très performantes :

Gaz naturel liquéfié (GNL)

Le gaz naturel liquéfié est un gaz naturel condensé à l'état liquide, par refroidissement à -163°C (cryogénie). Son volume se réduit alors de 600 fois et il prend la forme d'un liquide clair, transparent, inodore, non corrosif et non toxique. Le GNL est environ deux fois plus léger que l'eau.

Suite à l'opération de liquéfaction, le GNL devient quasiment du méthane pur, les autres composants du gaz naturel ayant été séparés. Le dioxyde de carbone doit être extrait au préalable car sinon il endommagerait les unités de liquéfaction en s'y solidifiant. Les hydrocarbures plus lourds que le méthane sont récupérés et vendus comme matière première pétrochimique ou comme carburant (gaz de pétrole liquéfié - GPL).

Le transport du GNL est assuré par des navires appelés méthaniers. La plupart des méthaniers ont une capacité de l'ordre de 140'000 mètres cubes, soit 70'000 tonnes environ. Cela équivaut à 87 millions de mètres cubes de gaz dans des conditions standard de transport en gazoduc.

 

Navire méthanier

Arrivés à destination, des terminaux de regazéification permettent de stocker puis de régazéifier le gaz naturel liquéfié au fur et à mesure de la demande.

En France, il existe quatre terminaux méthaniers, à Fos Cavaou, Fos Tonkin, Montoir-de-Bretagne et le dernier, inauguré en 2015, à Dunkerque.

Le marché du GNL, en forte croissance, est en passe de révolutionner le marché mondial du gaz. Alors qu’il pesait 100 millions de tonnes par an en 2000, il est passé à 244 millions de tonnes en 2014 et devrait atteindre, selon l’AIE, 370 millions de tonnes en 2030. De nombreuses usines de liquéfaction sont en cours de construction, notamment aux Etats-Unis et en Australie. Les Etats-Unis, portés par la révolution des gazs non-conventionnels, sont récemment devenus exportateurs nets de gaz. Ils devraient, d’ici à 2018, concurrencer le leader mondial du GNL, le Qatar, avec des capacités d’exportation de 68 milliards de m3. L’Australie devrait également se joindre à cette lutte d’ici à 2020. Cette tendance lourde contribuera à fluidifier les marchés du gaz et fournir une alternative énergétique à l'Asie. La Chine est le troisième consommateur de gaz derrière les Etats-Unis et la Russie mais elle consomme encore énormément de charbon. Dans ce contexte, le gaz naturel se présente comme l'alternative par excellence en se profilant comme l'énergie de transition vers une société décarbonée.